Le débat : Confinement VS Immunité collective

Le débat : Confinement VS Immunité collective

Immunitée collective

Trois épidémiologistes ( Jay Bhattacharya de l’Université de Stanford, Martin Kulldorff de l’Université de Harvard et Sunetra Gupta, de l’Université d’Oxford ) se sont positionnés ouvertement contre le confinement. Il présenterait à leurs yeux un danger pour la santé mentale et physique de la population.

Sur Twitter le discours avec Gregg Gonsalves s’était plutôt enflammé. Ce dernier estimait que leurs discours allait contre la Science et que ne pas confiner la population serait injuste pour les personnes agées et les personnes malades.

La Suède est un des très rare pays à avoir prit position en faveur d’une absence de confinement. Le pays s’est alors hissé dans le Top10 des pays où le Covid19 a été le plus meurtrier. Après avoir été épargné quelques instants avec un taux très bas de cas et donc un gros espoir que leur stratégie était la bonne. Finalement le pays voit sa courbe de cas remonter comme dans tous les pays Européens. Le magasine Time explique cette courbe par l’auto-isolement du peuple Suédois.

Ce que pense l’OMS de l’immunité collective

Essayer de parvenir à l’« immunité collective » en laissant se propager librement un virus dangereux serait problématique du point de vue scientifique et contraire à l’éthique. Laisser le virus circuler au sein de populations, quel que soit leur âge ou leur état de santé, revient à laisser libre champ à des infections, des ‎souffrances et des décès inutiles.

Dans la plupart des pays, la vaste majorité des gens restent sensibles au virus. Les ‎enquêtes de séroprévalence indiquent que, dans la plupart des pays, moins de 10 % de la ‎population a été infectée par le virus à l’origine de la COVID-19.

Nous continuons à acquérir des connaissances sur l’immunité au virus de la COVID-19. La plupart des personnes infectées développent une réponse immunitaire au cours des premières semaines, mais nous ne savons pas si elle est forte, combien de temps elle dure, ni ‎comment elle se manifeste selon les personnes. Des cas de réinfection ont également été signalés.

Tant que nous ne comprendrons pas mieux l’immunité au virus de la COVID-19, il ne sera pas possible de savoir quelle proportion d’une population est immunisée et combien de temps cette immunité dure, et encore moins de faire des prévisions pour l’avenir. Ces interrogations devraient exclure toute idée visant à renforcer l’immunité au sein d’une population en laissant le virus se propager.

De plus, même si le risque de maladie grave et de décès est plus élevé chez les personnes âgées ‎ou présentant des affections sous-jacentes, elles ne sont pas les seuls sujets à risque.

Enfin, si la plupart des personnes infectées développent une forme bénigne ou modérée de la COVID-19 et que certaines sont totalement asymptomatiques, beaucoup tombent gravement malades et doivent être hospitalisées. On commence seulement à comprendre les conséquences de la maladie sur la ‎santé à long terme des personnes atteintes, y compris de ce que l’on appelle désormais les « formes longues de la COVID-19 ». L’OMS collabore avec des cliniciens et des groupes de patients afin de mieux comprendre les effets à long terme de cette maladie. 

Pour un résumé de la position de l’OMS, lisez l’allocution liminaire du Directeur général lors du point de presse sur la COVID-19 du 12 octobre.

Ce que pense l’OMS des mesures de confinement

Les mesures de distanciation physique et les restrictions à la liberté de circulation à grande échelle, souvent appelées « confinement », peuvent ralentir la transmission de la COVID-19 en limitant les contacts entre les personnes.

Cependant, ces mesures peuvent avoir des conséquences délétères graves sur les individus, les communautés et les sociétés, car elles entraînent un arrêt quasi-total de la vie sociale et économique. Ces mesures affectent de manière disproportionnée les groupes défavorisés, notamment les personnes en situation de pauvreté, les migrants, les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays et les réfugiés, qui vivent le plus souvent dans des endroits surpeuplés et pauvres en ressources, et dont la subsistance dépend du travail quotidien.

L’OMS comprend bien que certains pays en sont parfois arrivés à un stade où ils n’ont d’autre choix ‎que de décréter des confinements et d’autres mesures, pour gagner du temps.

Les pays doivent utiliser ce temps pour renforcer leurs capacités à détecter, isoler, tester et prendre en charge tous les cas, à localiser et mettre en quarantaine tous les contacts, à mobiliser, responsabiliser et permettre aux populations de piloter la réponse de la société, etc.

L’OMS a bon espoir que les pays appliqueront des interventions ciblées là où cela sera nécessaire ‎et le moment voulu, en se fondant sur la situation locale.

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Source : https://www.who.int/fr/news-room/q-a-detail/herd-immunity-lockdowns-and-covid-19

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